Castoriadis - Une vie : Le livre de François Dosse

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La Découverte

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Première biographie consacrée à l'une des plus grandes figures intellectuelles et politiques du XX e siècle, Cornelius Castoriadis (1922-1997), économiste, philosophe, psychanalyste, militant politique, fondateur du mouvement et de la revue " Socialisme ou Barbarie ".

Ce livre est la première biographie consacrée à l'une des plus grandes figures intellectuelles et politiques du XXe siècle : Cornelius Castoriadis (1922-1997). Arrivé en France à l'âge de vingt-trois ans, il a contribué à créer, avec Claude Lefort et Jean-François Lyotard, l'une des branches les plus vivaces de la gauche radicale, " Socialisme ou Barbarie ", qui deviendra ensuite une revue mythique et l'une des grandes influences de Mai 68, notamment par sa critique de gauche des régimes dits " communistes ".
Économiste, philosophe, psychanalyste, militant politique, Castoriadis est l'auteur d'une oeuvre essentielle pour quiconque s'intéresse à la question de l'institution hors du cadre de l'État. Il n'a en effet cessé, en croisant l'analyse historienne et l'approche psychanalytique, de s'attacher à penser la conquête de l'autonomie comme condition de l'approfondissement démocratique.
Fruit d'une enquête menée auprès d'une centaine de témoins, cet ouvrage permet enfin de lever le voile sur cette figure hors norme et trop méconnue, restée marginale jusqu'au bout, mais qui est très certainement appelée, en ces temps de grandes turbulences des souverainetés établies, à devenir l'un des penseurs-clés du XXIe siècle.

De (auteur) : François Dosse

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Expérience de lecture

Avis des libraires

Signalons la publication d'une biographie consacrée à Castoriadis, influence majeure pour les objecteurs de croissance. Cette somme roborative qui s'appuie notamment sur une centaine d'entretiens s'impose déjà comme une référence sur ce génial penseur.
La Décroissance
Fondateur avec Claude Lefort et Jean-François Lyotard de la revue Socialisme ou barbarie, qui a irrigué intellectuellement la révolte ouvrière et estudiantine de mai 1968, Cornélius Castoriadis, jeune résistant grec, est un penseur hétérodoxe majeur de la gauche radicale révolutionnaire. Cette première biographie très efficace et documentée est l'oeuvre de l'historien François Dosse, déjà auteur des biographies de Ricoeur, de de Certeau et de Deleuze-Guattari.
L'Humanité
Il est des illustrations qui disent déjà beaucoup. Le portrait en noir et blanc de Cornelius Castoriadis (1922-1997), imprimé en plein format sur la couverture de la biographie monumentale du philosophe d'origine grecque, impressionne tellement il rend présentes les forces physique et intellectuelle, la gravité et la ferveur, la combativité et la bonté légendaires de l'auteur du magistral L'Institution imaginaire de la société (Le Seuil, 1975). François Dosse, infatigable enquêteur, a rencontré une centaine de "témoins" de la vie d'un intellectuel d'une telle ampleur, dont il s'étonne qu'il ait été si peu reconnu par l'Université. [...] Le livre foisonnant et, pourtant, parfaitement raisonné de François Dosse rend donc justice, intellectuellement mais aussi humainement parlant, à ce héros de la pensée en acte que fut Castoriadis, jusqu'à sa brutale disparition en décembre 1997. Il a raison de citer, presque in fine, l'hommage du grand historien de la Grèce antique Pierre Vidal-Naquet - qui ne fut jamais empathique - lu par Edgar Morin, lors de l'enterrement du philosophe, au cimetière Montparnasse, à Paris, le 1er janvier 1998 : " L'homme qui vient de disparaître après trois mois d'agonie, c'est à dire de combat, occupait sur la scène intellectuelle, en France, en Grèce et dans le monde, un rôle capital et que rien ni personne ne pourra remplacer. J'ai été son ami depuis trente ans et son lecteur depuis quarante ans pour savoir que je ne mesurais que partiellement, très partiellement l'immensité de cet esprit dont les frontières, comme disait Héraclite, son inaccessibles. " Il faut donc imaginer Castoriadis au sommet de l'Olympe. Grâce à François Dosse, cet imaginaire heureux est désormais possible.|Antoine Peillon
La Croix
Voici un ouvrage attendu depuis longtemps : une biographie de Cornelius Castoriadis, philosophe bouillant et inclassable, marginal mais capital par ses apports ; François Dosse, bien connu pour ses vies de Ricoeur et du duo Deleuze-Guattari, comble un manque criant.|Bernard Quiriny
Mariane
" J'ai le désir, et je sens le besoin, pour vivre, d'une autre société que celle qui m'entoure. Comme la grande majorité des hommes, je peux vivre dans celle-ci et m'en accommoder – en tout cas, j'y vis. [...] Mais dans la vie, telle qu'elle est faite à moi et aux autres, je me heurte à une foule de choses inadmissibles, je dis qu'elles ne sont pas fatales et qu'elles relèvent de l'organisation de la société ". Ces mots du philosophe Cornélius Castoriadis, tirés de son maître ouvrage L'institution imaginaire de la société, expriment l'esprit de révolte et la soif d'émancipation qui n'ont jamais cessé d'habiter cette figure intellectuelle hors norme. L'importante biographie que lui consacre aujourd'hui François Dosse vient combler un vide qu'on s'explique encore mal. Comment un penseur d'une telle envergure, qui a suscité l'admiration chez nombre de ses contemporains, de Pierre Vidal-Naquet à Edgar Morin, de Vincent Descombes à Marcel Gauchet, a-t-il pu être à ce point marginalisé ? C'est ce paradoxe qui fournit le point de départ du récit captivant que François Dosse – auteur des biographies déjà reconnues sur Ricœur, de Certeau ou encore Deleuze et Guattari – consacre à ce Rousseau du XXe siècle. À partir d'un minutieux travail sur les archives et la mobilisation d'un grand nombre d'entretiens menés auprès de ses proches, dont les extraits parsèment de bout en bout le récit, cette biographie jette un éclairage inédit sur un parcours de vie extraordinairement riche et singulier. En une vingtaine de chapitres et plus de cinq cent pages, François Dosse restitue l'itinéraire de ce " Titan de l'esprit ", selon l'expression d'Edgar Morin, rendant non seulement justice à un penseur essentiel, mais montrant surtout combien sa pensée constitue une ressource intellectuelle et politique précieuse.|Nicolas Le Dévélec
Liens socio
Convaincu que le travail du philosophe Cornelius Castoriadis (1922-1997) permet de renouer " avec un avenir forclos, non sur le mode périmé d'une utopie, mais sur celui d'un agir collectif et réflexif ", l'historien François Dosse signe une biographie du créateur du groupe et de la revue Socialisme ou Barbarie. Après ses travaux sur l'écriture de l'histoire et ses portraits de Michel de Certeau, Paul Ricœur, Pierre Nora, Gilles Deleuze, Félix Guattari mais aussi d'éditeurs ( Les Hommes de l'ombre, Perrin, 2014), François Dosse s'attaque à la vie et à l'œuvre labyrinthique de celui que Pierre Vidal-Naquet considérait comme un " génie " et qu'Edgar Morin désignait comme un " Aristote en chaleur ". Cette lecture souligne la rupture entre la gauche de gouvernement et la pensée critique, pourtant condition d'une démocratie radicalisée et d'une gauche combative.|Joseh Confavreux
Mediapart
Après Paul Ricoeur, Michel de Certeau ou Giles Deleuze, c'est au tour du philosophe, économiste et psychanalyste Cornelius Castoriadis (1922-1997) de faire l'objet d'une enquête fouillée de l'historien François Dosse. [...] Génial, sanguin - l'ouvrage relate quelques " engueulades " mémorables -, 'Corneille" se révèle dans ces pages comme un philosophe de première importance, laissant une oeuvre essentielle, politique mais aussi métaphysique - notamment sur le rôle " instituant " de l'imaginaire. Si sa récupération tardive par les autoproclamés "nouveaux philosophes" a occulté la richesse de sa pensée, il est temps de retourner directement à la source.
Philosophie Magazine
Sans doute a-t-on quelque peu oublié de quelle aura a été entourée, pendant la seconde moitié du XXe siècle, la figure de Cornelius Castoriadis, philosophe, psychanalyste et militant politique, disparu il y a dix-sept ans, au lendemain de Noël 1997. Non une auréole, certes. Car si on louait " l'éclat de son intelligence et la force de son raisonnement " (Octavio Paz), si on le qualifiait de " génie " (Pierre Vidal-Naquet), voire de " titan de l'esprit " (Edgar Morin), si les plus grands penseurs, de Claude Lefort à Lyotard, d'Habermas à Axel Honneth, de Richard Rorty à Chomsky, se confrontaient à son œuvre, si ses livres étaient traduits dans le monde entier, on manifestait aussi, à l'égard de sa pensée, labyrinthique, dérangeante et hors de toute orthodoxie, beaucoup de suspicion. [...] Ayant mis Marx au placard, pénétré de Freud, devenu lui-même analyste, déclinant en tous sens la notion d'imaginaire, Castoriadis ne cessera jamais de ferrailler - contre le structuralisme, contre Sartre, contre un certain lacanisme, contre Althusser, Foucault ou Deleuze... - ni d'emprunter les voies de l'aventure, dans sa vie privée (il ira de femme en femme, laissant son épouse Catherine May pour la romancière Kenizé Mourad, la quittant pour d'autres encore, jusqu'à son mariage avec la psychanalyste Piera Aulagnier), comme dans ses élaborations théoriques. C'était un " ogre ", son appétit le poussait à tout explorer, tout pratiquer, de la psychanalyse aux mathématiques, de la linguistique à l'ethnologie et à l'art, de la natation à la musique classique, au jazz, au blues... Il s'était donné, il est vrai, en faisant confiance aux capacités de création de l'homme, une tâche impossible : briser les " cages " qui enserrent le psychisme de l'individu, l'empêchant d'être libre, et celles, encore plus résistantes, de la société, qui l'empêchent d'être juste.|Robert Maggiori
Libération
En 1977 se tient à la Biennale de Venise un colloque en faveur de la " dissidence " dans les pays de l'Est. Porté par des intellectuels de gauche, il accueille une délégation française. On y trouve le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, mais aussi le " nouveau philosophe " André Glucksmann, qui défend les luttes en faveur des droits de l'homme. D'autres invités sont moins connus du public : ainsi du philosophe, économiste, psychanalyste et militant révolutionnaire Cornelius Castoriadis (1922-1997), qui précise que sa communication sur " la nature sociale de la Russie " résume une recherche remontant à 1946. Manière d'indiquer qu'il n'a pas attendu la conversion tardive d'une partie des intellectuels français pour produire une cri tique originale de l'URSS, dans l'indifférence quasi générale. C'est tout l'intérêt de la biographie publiée aujourd'hui par François Dosse que de cerner cette originalité, d'en scruter les racines et d'essayer de saisir les raisons d'une si durable marginalité. Ainsi contribue-t-il à ouvrir une autre histoire de la vie intellectuelle que celle trop souvent résumée à de grands " courants " – existentialisme, structuralisme, etc. – et à quelques noms prestigieux, de Sartre à Foucault, contre lesquels Castoriadis ne ménageait pas ses coups. Moins célébré, peu lu aux Etats-Unis où se fabriquent les notoriétés mondiales, ce philosophe atypique a produit une œuvre importante dont l'impact fut longtemps souterrain. Et sa trajectoire confirme que la critique du communisme a été précocement formulée à gauche par quelques intellectuels attachés à un projet de socialisme démocratique. [...]|Serge Audier
Le Monde des livres

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L'auteur

François Dosse

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